Les récents transferts de chasseurs entre théâtres d’opérations dissimulent en fait une réorganisation des déploiements de chasseurs. Le but n’est autre que de mieux gérer les lots de rechanges, d’outillages, de servitudes, de munitions mais aussi des pods, qui restent le talon d’Achille français.

En cas d’éjection liée à un problème moteur, les chances de survie et de récupération sont plus importantes au Sahel qu’en Syrie. Les équipages qui opèrent dans le cadre de Chammal, sur Mirage 2000, ne bénéficient pas des avantages liés à la motorisation biréacteur du Rafale.

Dès cette année, à terme tous les Mirage opèreront donc en Afrique, à partir de deux ou trois plots (Djibouti et N’Djamena ou Niamey). Et si le besoin d’une capacité de reconnaissance se fait sentir, des Rafale pourraient être projetés directement de France.

Chammal conservera ses Rafale, mais où ? Pour s’éviter un transfert trop important de matériel, la tentation serait de conserver le plot des EAU, mais la Jordanie est bien mieux placée lorsqu’il s’agit d’opérer en Irak et en Syrie. Il est donc probable qu’à terme des Rafale opèrent seulement de Jordanie, ou sur deux sites.

Les Rafale de la Marine les rejoindront, à terre, dans ce combat contre Daech. Peut-être même avant le départ du porte-avions en IPER. Un engagement logique, puisque la flotte chasse, qui ne sera constituée à terme que de Rafale, a été taillée en mutualisation Air-Marine.

En l’état actuel, Chammal ne représente pas le même volume de sorties que Barkhane. Cette « spécialisation » régionale des flottes risque donc de couper les PN Mirage d’un théâtre dur. Même si en Libye la perspectives d’opérations aéroterrestres se profile depuis plus d’un an, avec la montée en puissance de Daech.

 

Comments are closed.