Ryanair et Easyjet ont eu beau prôner jusqu’à quelques heures avant le scrutin le maintien du Royaume-Uni dans l’Union Européenne, le Brexit est là et il va maintenant falloir faire avec.

Les compagnies britanniques ont bon espoir qu’elles pourront continuer à exploiter des lignes au sein du marché unique du transport aérien. Easyjet, qui s’est développé depuis vingt ans grâce aux possibilités offertes d’ouvrir des lignes dans n’importe quel pays de l’Union européenne, a réagi très vite. « Nous sommes confiants sur le fait que ce vote n’aura pas d’impact conséquent ni sur notre stratégie ni sur notre capacité à générer une croissance en termes de résultats et de bénéfices pour nos actionnaires (…) la priorité sera d’accélérer le dialogue entre le Royaume-Uni, les Etats Membres de l’Union Européenne et leurs régulateurs afin de garantir que le Royaume-Uni continuera à faire partie du marché unique du transport aérien européen. » Rappelons d’ailleurs que ce marché unique du transport aérien européen est déjà accessible à des compagnies qui sont issues de pays non membres, comme la Norvège, l’Islande ou la Suisse. Ces trois pays sont en revanche membres de l’AELE (Association Européenne de Libre Echange), créée en 1960 à l’initiative du Royaume-Uni et qui au fur et à mesure des adhésions à l’Union Européenne de ses anciens membres a vu son importance se réduire. A rappeler aussi que l’AELE forme depuis 1992 avec l’Union Européenne, l’union économique qui se nomme l’Espace Economique Européen (EEE). Dans les faits, le Royaume Uni va néanmoins devoir indiquer ce qu’il veut clairement. L’accès au marche unique du transport aérien implique notamment qu’un Etat accepte une partie de la législation communutaire (libertés de circulation des personnes, des services, des capitaux, des marchandises) et contribue financièrement au marché commun européen (sans avoir les contraintes d’un Etat adhérent à l’UE).

L’accès au marché unique du transport aérien de pays comma la Norvège permet ainsi à des compagnies comme la low cost Norwegian de proposer à partir du 29 juillet des vols au départ de Paris CDG vers Fort Lauderdale, New York et Los Angeles. La nouveauté avec le cas inédit du Brexit c’est qu’il va falloir que des ex-compagnies de l’Union Europénne renoue les liens rompus.

Du côté de la compagnie Flybe, qui opère un grand nombre de lignes entre la province française et la Grande Bretagne, on joue l’apaisement. « Quelle que soit la forme que les nouveaux arrangements du pays suite à la sortie de l’Union Européenne, le Royaume-Uni restera géographiquement une part de l’Europe avec des liens permanents culturels, sociaux et économiques avec le Continent. La mission à long terme de Flybe n’est donc pas affectée par les résultats du referendum. Ce que nous faisons, en connectant des communautés régionales non desservies par les autres compagnies aériennes ou des moyens de transport alternatifs, continue de répondre à un besoin social et économique qui est indépendant des arrangements politiques. Nos passagers régionaux pourront continuer à compter sur Flybe pour accéder à un monde plus grand », a déclaré le PDG de Flybe, Saad Hammad.

Reste le cas particulier de Ryanair, compagnie irlandaise (donc européenne) qui opère une grande part de son activité en Grande-Bretagne et celui de la holding IAG (International Airlines Group) qui chapeaute d’un côté Iberia et de l’autre British Airways. Dans les deux cas, des accords bilatéraux vont devoir être renégocier. Et pour British Airways, va aussi se poser la renégociation d’un accord Royaume-Uni/USA pour l’exploitation des lignes transatlantiques, en parallèle de l’accord UE/USA. La sortie effective du Royaume Uni devrait s’étaler sur deux ans. Cela ne sera pas de trop.

 

Comments are closed.