Un peu plus dun an et demi aprs le drame du vol MH370 de la Malaysia Airlines, le hasard a fait quun volet de voilure dun appareil de type Boeing 777 schoue sur les ctes de lIle de la Runion, un dpartement franais au sud-est des ctes africaines.

Il ny avait que quatre ressortissants franais dans ce vol dont la disparition reste encore ce jour inexplique. Et pourtant aujourdhui parce que ce volet de voilure sest chou sur les ctes mauriciennes, et que dautres, qui pourraient bien provenir du mme sinistre, cest la France qui est en premire ligne alors que durant des mois ce sont les autorits australiennes qui se sont appliques mener des investigations trs onreuses pour retrouver les traces de lappareil disparu le 8 mars 2014 avec son bord 239 passagers et membres dquipage.

Le flaperon , comme le nomme ces derniers jours tous les mdias tlviss et crits est donc arriv Balma, car il a t trouv sur des terres franaises ce qui nous vaut de pouvoir, ou de devoir, lexpertiser. Et cest au centre des Techniques aronautiques (TA) de la DGA Balma dans la proche banlieue toulousaine, que lexpertise sera mene et quil ne devrait pas y avoir de constat dvoil avant ce mercredi 5 aot, voire plus tard puisque les expertises devraient seulement dbuter ce jour.

Le centre des Technologies aronautiques de Balma est ce quon appelait il ny a pas encore si longtemps le Centre d’essais aronautiques de Toulouse (ou CEAT) auquel a t adjoint le centre aroport (CAP) responsable de toutes les recherches sur les techniques d’arolargage dont la gestion est assure par la Direction gnrale de lArmement (DGA).

Ce nest donc pas, paradoxalement, la direction gnrale de laviation civile (DGAC) qui sera en charge de lexpertise de ce morceau davion qui pourrait enfin signifier aux familles des disparus du vol MH370, la cruelle vrit alors que certains se rattachent un possible dtournement et quils pourraient tre dtenus quelque part. Maigre consolation pour ces familles mais qui pourrait leur permettre de faire leur deuil .

Le centre des Technologies aronautiques de Balma dispose de moyens dinvestigation qui non seulement sont mis disposition des avions ou systmes dexploitations militaires, mais aussi des appareils commerciaux. Comme on peut le voir sur le site de la DGA mis jour le 31 juillet 2015, le Centre de Balma est un Centre de rfrence tatique, il conduit, outre des fonctions techniques, des analyses techniques suite des incidents et des accidents au profit du Bureau denqutes et danalyses (BEA), du Bureau enqutes accidents dfense (BEAD) ou du ministre de la justice. Cest ce titre que le centre des Technologies aronautiques de Balma a t dsign par le juge du tribunal de grande instance de Paris en charge dune enqute sur la disparition du vol MH370, pour mener lexpertise des dbris davion retrouvs prs de lle de la Runion. Il nen est dailleurs pas son coup dessai. Car une de ses plus mdiatiques expertises qui reste grave dans tous les esprits est celle quil a men sur les dbris de lavion dAir France repchs dans locan Atlantique aprs laccident du vol AF447 reliant Rio de Janeiro Paris en juin 2009. La DGA TA a ainsi analys plus de 600 fragments de pices et quipements provenant de ce vol qui a t fatal 228 personnes. Et si aujourdhui nombreux se posent la question de savoir quel est ce centre, cest uniquement parce quau gr des restructurations de lEtat, en 2010 le CEAT a troqu son nom pour DGA TA.

Non seulement la DGA TA est experte dans le domaine des accidents davions, civils ou militaires, mais elle a dvelopp de trs nombreuses comptences notamment dans le domaine des matriaux et du comportement des structures. Ainsi cest sous lgide de la DGA TA (alors CEAT) quont taient conduits les essais statiques de la cellule du tout premier A380 (le numro zro de la srie). Ce sont aussi des ingnieurs rputs de cet organismes qui avaient particip aux dveloppements et au choix des matriaux de lavion supersonique Concorde ainsi que de la toute premire aile en carbone (V10F) dun avion civil, le Falcon 10 de Dassault Aviation, ce fut dailleurs loccasion pour Dassault Aviation et la socit qui portait alors le nom dAerospatiale (aujourdhui partie de lavionneur Airbus) de travailler ensemble au dveloppement dune telle voilure, et ceci dj aux cts des deux plus grands contributeurs le ministre des Transports (40 %), le ministre de la Dfense (40 %), les deux avionneurs franais participaient alors hauteur de 10 % chacun.

Nicole Beauclair pour AeroMorning

 

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