Safran a décidé de créer au Mexique une troisième usine dédiée à la production des aubes de soufflante de la famille de moteurs CFM Leap. Le site, qui doit démarrer la production en 2017, sera conçu sur le même modèle que ceux de Rochester aux Etats-Unis et de Commercy en France. Un investissement de 74 M$ pour Safran et son partenaire américain Albany à proximité de la ville de Querétaro, au nord de Mexico City.

Le choix de Querétaro est logique. Safran y est installé depuis 2008. D’abord par le biais de Snecma America Engine Services dédiée à la MRO sur moteurs avions, suivie en 2009 par un centre de production de pièces et d’assemblage de modules pour les moteurs CFM56 destinés aux 737 et au SaM146 qui propulse le Sukhoi SuperJet 100. En 2010, une usine de fabrication de composants de trains d’atterrissage Messier-Bugatti-Dowty pour A320, A330 et 787 est venue compléter le centre de réparation de trains.

Outre la proximité avec les sites Safran déjà existants, celle avec Boeing permet de réduire les coûts logistiques de manière conséquente. Sans oublier un personnel de production de qualité, souligne Philippe Petitcolin, directeur général de Safran, et qui rappelle le travail de formation de l’Université de Querétaro dans les métiers de la production aéronautique.

A l’horizon 2021, le futur site mexicain de Querétaro sera en mesure de produire plus de 20 000 aubes de soufflante en composite tissé 3D. Un CFM Leap compte 18 aubes de soufflantes. Le plan de marche de Safran et de General Electric prévoit de produire 400 CFM Leap en 2017 et plus de 1200 en 2018 pour ensuite grimper à environ 1800 en 2020. La décision d’Airbus de faire passer les cadences de production des familles A320 à 60 exemplaires par mois à partir de la mi-2019 ainsi que celle de Boeing de monter à 52 Boeing 737 en 2018, puis 57 en 2019.

Comme le souligne Olivier Andries, président de Snecma : « Nous devons courir trois fois plus vite que notre concurrent (Pratt & Whitney/ndlr) car nous détenons 100 % du marché sur le Boeing 737 MAX et 50 % de parts de marché sur l’Airbus A320neo ». Safran et General Electric devaient donc se mettre en ordre de marche pour augmenter leurs propres cadences afin de suivre celles annoncées et décidées par les deux avionneurs.

Mais, pour le motoriste, la problématique est double. Il ne s’agit pas seulement de produire plus en temps voulu. Il faut pouvoir aussi produire moins cher. Le Mexique est un pays en zone dollar. Ce qui est un levier très utile. « La pression sur les prix est importante et en terme de valeur ajoutée interne le Mexique offre un avantage de 30 %. Ce qui n’est pas rien », indique Olivier Andries.

 

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