La surveillance et le renseignement sont au cœur des préoccupations des pays d’Asie du Sud Est. Dans une zone marquée par l’insularité, abritant de nombreuses routes maritimes et avec un nombre croissant de sous-marins en activité, la connaissance et le contrôle des flux en mer mais aussi des activités à terre est devenu un enjeu de souveraineté majeur. Les industriels l’ont bien compris. L’offre pour des avions dit de « missions » capables de faire de la surveillance ou de la patrouille maritime mais pouvant aussi intervenir à terre est pléthorique au Singapore Air Show 2016.

Le marché est très important et porte sur des plateformes et des systèmes de plus en plus polyvalents. Il faut s’adapter aux besoins des clients qui sont multiples mais confrontés à des contraintes budgétaires. Le spectre des offres va des avions de surveillance maritime dotés de capteurs optimisés pour l’observation et la reconnaissance aux avions de patrouille maritime capables en plus de faire de la lutte anti sous-marine et de mettre en œuvre de l’armement.

Il est devenu impossible aujourd’hui de disposer d’appareils dédiés à la surveillance ou à la patrouille maritime. Les industriels proposent donc des plateformes et des systèmes multi missions.

C’est le cas par exemple de Thales avec le radar « Searchmaster ». Ce système, choisi par la France pour la modernisation des ATL-2, peut être employé pour cinq types de missions. Il peut effectuer de la surveillance maritime aussi bien que de la surveillance terrestre, de la lutte anti sous-marine ou anti navires. Il peut aussi grâce à son système IFF être employé pour des missions de soutien aux opérations aériennes. IAI insiste également sur la polyvalence de ses systèmes : « Tous nos systèmes sont multi missions par nature » explique-t-on chez l’industriel israélien. Les systémiers expliquent aussi qu’ils peuvent s’adapter au besoin du client avec des systèmes plus au moins complexes. Leur offre peut ainsi être adapté à différents types de plateformes allant de l’avion léger à l’avion lourd en passant par les aérostats ou les hélicoptères lourds.

Chez Boeing, pour la patrouille maritime on fait le choix du très lourd avec le P-8 Poseidon mettant en œuvre une plateforme de 737. Un avion économique selon l’industriel américain, car largement employé dans le civil. Le plafond du P-8 lui permet de voler partout dans le monde. Sa vitesse de croisière est aussi un avantage pour rallier rapidement la zone d’opération. Mais pour la lutte anti sous-marine, certains estiment que des plateformes plus lentes, équipées de turbopropulseurs sont plus adaptées. Des jets d’affaire sont aussi proposés comme plateforme de patrouille maritime.

Pour la surveillance maritime, Boeing propose une version simplifiée du système de mission du P-8 adaptée sur un jet d’affaire et baptisé « Boeing MSA ». Saab est également présent sur ce créneau avec le système « Swordfish » adapté sur Global 6000 ou Q400. IAI proposent aussi d’intégrer ses systèmes sur des appareils produits par Bombardier (Q-400 et Global 5000). Mais l’industriel israélien collabore aussi avec Gulfstream et se défini comme « agnostique en ce qui concerne les plateformes ».

Tous voient de larges perspectives de développement dans le domaine des avions de missions en Asie, mais difficile d’obtenir des informations quand aux clients potentiels qui tous veulent garder l’anonymat.

 

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